Entretien entre Marcel Gauchet et Philippe Meirieu
On demande à l'école de résoudre par des moyens pédagogiques des problèmes civilisationnels résultant du mouvement même de nos sociétés, et on s'étonne qu'elle n'y parvienne pas... Quelles sont ces transformations collectives qui aujourd'hui posent à la tâche éducative des défis entièrement nouveaux ? Ils concernent au moins quatre fronts : les rapports entre la famille et l'école, le sens des savoirs, le statut de l'autorité, la place de l'école dans la société. A priori, famille et école ont la même visée d'élever les enfants : la famille éduque, l'école instruit, disait-on jadis. En pratique, les choses sont devenues bien plus compliquées...
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Analysant les mesures avancées par François Hollande envers l’école, Olivier Galland en critique la timidité et le caractère classique (la dépense publique). Elles lui semblent, in fine, insuffisantes pour renverser la vapeur sur un point crucial : le nombre de jeunes qui sortent sans formation du cycle scolaire, un nombre qui, me semble-t-il, va au-delà des 20 % toujours cités. Il préconise une approche plus qualitative (autonomie des établissements, évolution du métier d’enseignant). Je partage pleinement ce diagnostic, et adhère à ces quelques propositions. Mais ne faut-il pas être plus radical si l’on veut enrayer « ce mal français » ?
Il est utile de se rappeler que le nombre peut posséder différents sens, ces derniers sont abordés parfois de façon plus ou moins implicite, telle la désignation d'un numéro (j'habite au 12 de la rue...) ou sa valeur ordinale (nous sommes le 4 janvier ; combien existe-t-il de poiriers entre le 4ème et le 7ème poirier ?), alors que trop souvent la référence au cardinal (ou à la quantité) est étudiée en classe.
Il s’agit d’une part de la volonté d’évaluer le langage chez les enfants de maternelle de façon à aider les enseignants à mieux cibler leurs activités afin d’améliorer les développements individuels. Il s’agit d’autre part d’adopter une perspective plus orientée vers les difficultés de développement de certains enfants. Ces deux propositions conduisent à une double série de questions.
Il s’agit d’une part de la volonté d’évaluer le langage chez les enfants de maternelle de façon à aider les enseignants à mieux cibler leurs activités afin d’améliorer les développements individuels. Il s’agit d’autre part d’adopter une perspective plus orientée vers les difficultés de développement de certains enfants. Ces deux propositions conduisent à une double série de questions.
L’accompagnement de l’enfant tout au long de son parcours à l’école maternelle, trois ou quatre ans pour certains, doit être pensé et organisé par l’ensemble des enseignants. Il s’agit bien de l’équipe et non plus de l’enseignant seul dans sa classe qui, au travers des expériences échangées, structure les apprentissages langagiers de tous. Une réflexion concertée continue est nécessaire, réflexion conduite sur des objets communs préalablement définis afin de réussir à formaliser les situations d’apprentissage et leurs contenus.
En quoi un traitement didactique de l'oral transforme-t-il un enfant de petite section de maternelle en élève ?
L'enfant ne devient pas élève, comme par magie, en passant pour la première fois la porte de son école. Ce rôle que l'enfant a à jouer et le statut qui lui est conféré subit depuis 20 ans un processus de transformation, processus engendré par un traitement différent de l'usage de la parole dans la classe.
Le développement du langage est à la fois celui des instruments du langage (prononciation, lexique, syntaxe) et de ses usages. Dans ce développement, celui du vocabulaire tient une place importante...
Conférence prononcée dans le cadre des réunions organisées par la Commission départementale maîtrise de la langue et du langage de Seine-Saint-Denis.
Une réflexion permettant de re-situer le jeu pour une meilleure intégration dans les apprentissages, l'utilisation de jeux, l'installation de coins-jeu permanents et évolutifs dans la classe ou dans l'école.
Cette note de synthèse porte sur l’organisation et le contenu de l’offre d’accueil de la petite enfance en Europe. Par accueil sera entendue l’offre concernant les enfants et les parents d’enfants n’ayant pas atteint l’âge de la scolarité obligatoire (qui varie selon les pays). Afin de savoir plus précisément si son organisation est adaptée aux situations observées aujourd’hui dans les zones urbaines les plus fragiles et quelle est sa qualité, il s’agira d’identifier les différents types de réponse des politiques locales à l’augmentation et à la diversification des besoins d’accueil, et en particulier à ceux des milieux les plus précarisés.
Véronique Boiron, maître de conférences en lettres à l’IUFM de Bordeaux, chercheure au DAESL, Bordeaux 2 et chercheure associée au LEAPE, Paris 5, spécialiste du langage, répond à nos questions concernant les activités langagières des élèves à l’école maternelle.
On étudiera trois âges qui correspondent au trois sections de maternelle et trois grands domaines du développement de l’enfant :
L’apparition des premiers mots chez un enfant constitue un événement marquant qui est habituellement salué avec beaucoup d’enthousiasme par les parents. Mais l’on n’est pas toujours conscient des multiples facettes du développement qui sous-tendent l’apparition de ces premiers mots, lesquels ne représentent en fait que la pointe d’un immense iceberg.
L’apprentissage du langage oral par les élèves est bien perçue comme la première des priorités de la maternelle par la quasi-totalité des enseignants mais, dans les faits, les enfants n’ont que peu d’occasion de parler à l’école et la parole de l’adulte envahit l’espace sonore.
C’est le rôle de l’école maternelle que de conduire une activité, de plus en plus consciente pour l’enfant, d’élaboration d’un discours précis et structuré pour se faire bien comprendre.
Compte-rendu de l'intervention de Max Butlen - 5èmes Journées de la Petite Enfance
Chacun sait que le livre, l'album, est un outil de communication et d'enrichissement culturel réciproque entre l'adulte et l'enfant. Il y a du plaisir à lire ensemble, écouter ensemble, regarder ensemble…
Compte-rendu de l'intervention de Viviane Bouysse - 5èmes Journées de la Petite Enfance
On parlera ici des apprentissages en milieu collectif. Crèche et école ont des visées différentes, alors que la crèche est également un milieu d'apprentissage mais ne le prend pas encore vraiment en compte.
Compte-rendu de l'intervention de Mireille Brigaudiot - 5èmes Journées de la Petite Enfance
Entre le petit enfant et sa mère, on observe des échanges asymétriques : c'est l'adulte qui maîtrise la langue et les rites conversationnels.
"La création d’une aire transitionnelle est une condition nécessaire pour permette à un individu, à un groupe, de retrouver sa confiance dans sa propre continuité, dans sa capacité d’établir des liens entre lui-même et le monde, les autres ; dans sa faculté de jouer, de symboliser, de penser et de créer" (Didier Anzieu, Le corps de l’œuvre, Gallimard, Paris, 1981).
L'apprentissage du langage s'effectue différemment d'un enfant à un autre parce qu'il est étroitement dépendant des offres langagières qui sont faites à l'enfant par les adultes de son entourage : dès son plus jeune âge, l'enfant apprend à parler et à penser en s'appuyant sur les éléments lexicaux et grammaticaux proposés par les adultes. Si cette affirmation peut paraître triviale, les verbalisations de l'adulte n’auront cependant d’effet pour l'apprentissage que si l'adulte offre à l'enfant un fonctionnement langagier qui convient à ce qu'il cherche à exprimer, au moment où il en a besoin - un fonctionnement langagier proche de ses capacités du moment mais les excédant légèrement.
Les enfants qui entrent à l’école maternelle rencontrent de nouvelles pratiques sociales très spécifiques, revêtant un caractère d’étrangeté pour nombre d’entre eux, particulièrement ceux qui sont issus des classes populaires et ne sont pas d’emblée en connivence culturelle avec l’école (Ecole et savoirs dans les banlieues et ailleurs Bernard Charlot Jean-Yves Rochex Elisabeth Bautier Colin 1992). Ils sont confrontés à des pratiques langagières, des normes, des codes, des attentes qui ne leur sont pas familiers.
L’interaction aide l’enfant à construire son langage. Les interactions ne doivent pas se confondre avec les tactiques d’animation développées, par exemple, en grand groupe, avec beaucoup d’élèves. Celles-ci visent surtout la quantité des émissions plutôt que la qualité des productions. En effet, il s’agit de faire parler le plus grand nombre d’élèves, d’obtenir la prise de parole de chacun.
Le langage oral est l'axe majeur des activités à l'école maternelle. Au cours de leur première année d'école maternelle, les tout-petits ne savent souvent que produire de très courtes suites de mots et disposent d'un lexique limité. Lorsqu'ils quittent l'école maternelle, ils peuvent construire des phrases complexes et les articuler. Ils sont capables, à ce moment, de raconter une histoire, décrire un objet, expliquer un phénomène.
Loin de focaliser l’attention sur le tracé des lettres, au risque de faire glisser l’acte d’écriture vers le graphisme/dessin de lettres ou de parties de lettres, un métalangage désignant les unités graphiques permettrait à l'enfant de nommer, donc de discriminer, les éléments constitutifs des lettres et donne, de ce fait, aux lettres une meilleure visibilité donc au texte une meilleure lisibilité.